27 mars 2013

Le marché du e-Commerce au Maroc vaut 21 milliards de DH

En quelques années, les transactions ont décollé.
En 2012, le montant des transactions en ligne s’est élevé à 21 milliards de DH contre 19 milliards de DH en 2011. Soit une hausse de 90%

ÇA bouge dans le secteur du e-commerce ! Ces derniers mois, il se crée en moyenne deux sites par jour. Depuis janvier 2013, presque une centaine de dossiers ont été déposés auprès des deux plateformes de paiement CMI et M2T. 32 autres projets sont en cours de finalisation.
A fin 2012, l’on compte près de 1.178 portails, répartis en deux catégories, mais le potentiel reste immense. Le nombre de sites affiliés à l’opérateur unique, Maroc Télécommerce/CMI sans compter les sites qui disposant d’une version mobile et Ipad, s’élèvent à 251. S’y ajoutent les cybermarchands connectés (927) à des opérateurs de paiement internationaux tels que Paypal, Moneybrockers et Hipay.
En revanche, en 2011, le nombre de sites e-commerce ne dépassait guère les 197, dont 24 ont fini par fermer en 2012. En réalité, la fraude reste très minime au Maroc. Pour l’an dernier, le montant des transactions frauduleuses, via les cartes marocaines, a été de 27.000 DH seulement. Quant aux opérations de e-commerce réglées par le biais de cartes bancaires internationales, la fraude s’est élevée à 89 millions de DH. Ce qui correspond à 150.000 transactions. «La fraude représente 12% des transactions réalisées au moyen des cartes bancaires internationales», explique El Amine Serhani, président de la Fédération nationale du e-commerce. En 2012, le montant des transactions e-commerciales, portant sur les biens et services, a dépassé les 21 milliards de DH contre 19 milliards de DH en 2011. Ce qui correspond à une progression de 90%.

Pour l’heure, le mode de paiement le plus utilisé reste le contre-remboursement. Il représente 41% des transactions. Soit 8,61 milliards de DH. Ce mode de paiement reste privilégié par les internautes qui doivent effectuer de grosses transactions sans courir le risque d’être victimes de fraude. Le principe consiste à régler au moment de la livraison. Plusieurs opérateurs se positionnent sur ce créneau tels que la CTM, SDTM ou encore La Voie Express… Mais le champion reste Barid Al Maghrib, qui détient le monopole des envois dont le poids varie entre 0,5 et 2 kg. En effet, aucun autre opérateur n’est autorisé à transporter des colis de moins de 2 kg. Il faut toujours «compenser» par le moyen d’un paquet de sel pour dépasser ce poids plancher. Il y a donc là matière à saisir le Conseil de la concurrence.
En deuxième position des modes de paiement, vient le règlement via le porte-monnaie électronique, qui a totalisé 3,99 milliards de DH. Soit 19% du marché. Les principaux opérateurs offrant des porte-monnaie électroniques restent Paypal, Hipay, Money
Brockers.
Le troisième mode de paiement par importance utilisé par les internautes est le règlement par espèces auprès d’organismes agréés tels que le réseau Tas’hilat (1.100 agences relevant de M2T) ou encore Wafa Cash. En 2012, le paiement en espèces a représenté 16% du volume global du e-commerce. Soit 3,36 milliards de DH.
La quatrième position revient au paiement via les cartes de crédit marocaines à l’étranger, qui a atteint 2,5 milliards de DH. Soit 12% de l’ensemble des achats en ligne. Rappelons que le cartes bancaires, délivrées par les banques marocaines pour effectuer des achats sur internet, sont assorties d’une dotation en devises de 10.000 DH pour les particuliers et de 20.000 DH pour les entreprises.
Le virement bancaire, qui a représenté 8% des transactions en 2012, reste le cinquième mode de règlement des achats en ligne. Soit 1,68 milliard de DH. «Ce système de paiement se développe du fait que la plupart des banques ont mis en place des interfaces web pour les comptes clients. Les plus performantes restent Société Générale et BMCE Net», explique Serhani. Selon l’expert, le virement bancaire va même récupérer des parts de marché au détriment du chèque et du dépôt bancaire.
Quant au paiement via les cartes bancaires marocaines, il vient en sixième position, avec 3,7%. Soit près de 743 millions de DH. Un montant engrangé par les 251 sites e-marchands marocains, affiliés au CMI. A noter que sur les 9 millions de cartes bancaires marocaines en circulation, seules 1,5 million d’unités permettent d’effectuer des transactions en ligne. Ce qui constitue un frein aux transactions en ligne. D’ailleurs, le montant des achats en ligne via ce type de cartes n’a pas dépassé les 840 millions de DH. Soit 4% de l’ensemble des transactions e-commerciales.
Ceci étant, le développement du e-commerce reste plombé par plusieurs freins. Selon l’enquête réalisée par la FNEM au cours du dernier semestre 2012, le principal reste la caution bancaire exigée par les centres de traitement et qui est de 50.000 DH. Une caution destinée à faire face à la fraude. Le coût de la conception des sites cybermarchands constitue également un obstacle au développement des sites de e-commerce. Heureusement que les coûts se sont inscrits dans une tendance baissière puisqu’ils sont passés de 20.000 DH environ à quelque 3.000 DH.

Hassan EL ARIF
Source: L'économiste